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Les médecins résidents grévistes courent désormais des sanctions et peuvent être privés de leur diplôme. C’est le président Jocelerme Privert qui l’a déclaré, rappelant que les grévistes ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat et donc n’ont pas de salaire. Le président, qui dénonce des mains politiques derrière le mouvement des apprentis médecins, les exhorte à revenir sur les lieux de travail pour poursuivre leur formation, prodiguer les soins nécessaires aux malades.

Après deux mois de grève des résidents, l’exécutif est touché au plus haut niveau par la paralysie des hôpitaux publics. C’est le président de la République qui l’a dit lui-même en partant pour le 7e Sommet de l’Association des Etats de la Caraïbe. « Nous avons décidé de donner une nouvelle dimension à ce problème », a martelé Jocelerme Privert, qui rappelle que les résidents ne sont pas des fonctionnaires publics et qu’ils ne font que bénéficier des installations publiques pour poursuivre leur formation.

« Au terme des règlements internes qui régissent le service de la résidence hospitalière, il est clairement dit que les médecins résidents ne sont pas des fonctionnaires de l’Etat », a martelé le président de la République, qui parle d’une grève illégale.  En conséquence, tout abandon de leur lieu de formation équivaut à un départ et en conséquence, je les exhorte tous à respecter ce que disent les règlements. La cellule d’urgence doit fonctionner pour ne pas priver la population de son droit légitime à la santé. »

« Je leur rappelle que l’abandon de poste d’un résident l’expose à des sanctions, dont le renvoi définitif ou encore le retrait ou la non-délivrance de la licence à la fin de la période de formation.Toute absence de trois mois au cours de cette période de trois ans équivaut à la reprise de la formation », a indiqué le chef de l’Etat citant les règlements régissant la résidence hospitalière.

En effet, les hôpitaux publics sont pratiquement paralysés par cette grève des résidents qui appellent entre autres à l’augmentation de leurs frais. Des citoyens ont déjà perdu la vie, certains hospitalisés dans un état grave ont dû abandonner les lieux, comme à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti. Le président n’est pas allé de main-morte avec les apprentis médecins, formés pour la plupart avec l’argent du contribuable.

« Il s’agit bien d’étudiants en formation, non pas de fonctionnaires publics qui demandent des augmentations de salaire, a martelé le président. Ce qu’on donne à ces étudiants en formation c’est un frais. Des frais sont de l’initiative exclusive du ministre de la Santé publique. L’état actuel des finances de la nation ne permet pas de multiplier par dix les exigences de ces étudiants en formation qui tiennent une grève en dehors de la loi et des règlements internes guidant la résidence ».

Mardi, une importante rencontre a été organisée au palais national sous le leadership du bureau de la première dame. Tous les acteurs du système de santé étaient invités à débattre de la question de la grève qui menace les vies des couches les plus pauvres et vulnérables de la population. « Il y a des gens qui sont morts devant l’hôpital, d’autres qui ne peuvent pas trouver des soins, ça préoccupe tout le monde », a dit le président Privert juste avant de prendre l’avion pour la capitale cubaine.

Si ça perdure, ça peut même constituer une cause pour la non-délivrance de la licence mais aussi la perte de la possibilité d’avoir cette licence. Or on sait à travers des déclarations qui sont faites à la radio que cette grève est politiquement motivée par des individus qui eux sont déjà détenteurs de leur papier et qui empêchent des jeunes de faire de même », a poursuivi le chef de l’Etat. Jocelerme Privert dit souhaiter que « ces jeunes ne se laisseront pas manipuler par des individus en quête de visibilité politique ou d’intérêt particulier au détriment de leur avenir ».

 

 

 

 

 

 

Cap-Haitien, Haïti, Jean-Baptiste Cabonne, Radio Télé Blue Star.